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Par Liliane octobre 2026
Petites histoires au sein de la grande Histoire...
Celle d'Avignon est riche en anecdotes, tragiques ou cocasses.
les clés d'un blason
Le blason d'Avignon offre toutes les strates de l’histoire complexe de la ville, tiraillée entre l'Empire, la papauté, le royaume de France et ses aspirations à la liberté. De nombreux blasons furent simplifiés à la Révolution, mais celui d'Avignon a traversé les siècles en conservant ses symboles.
La première armoirie d’Avignon représentait une ville carrée, enceinte de murailles, évocation de sa puissante fortification. Au XIIème siècle, une aigle impériale est ajouté pour symboliser son appartenance au saint Empire germanique. Avignon bénéficiait d'un statut de commune autonome sous tutelle impériale, une situation qui lui valut brièvement le titre de République en 1129.
Sceau signant la vente, par Bertrand Mataron Paillasse à Foulques des Tournelles, précepteur de l'hôpital d'Avignon, d'une partie des îles de Matheron. Avignon, 29 septembre 1241.
Légende en capitales romaines, mêlées de majuscules gothiques : SIGILLVM COMUNIS AVINIONENSIS.
A l'avers, la ville, le pont et le fleuve des sceaux précédents.
Au revers, une aigle déployée.


Lorsque, en 1348, Clément VI achète la ville d’Avignon à la reine Jeanne de Naples pour 80 000 florins d’or, il change le blason et remplace l'aigle impériale par les trois clefs d'or : un acte politique autant qu’un symbole religieux.

« De gueules à trois clefs d'or posées en fasce l'une au-dessus de l'autre, les pannetons à dextre. »
Le champ rouge représente puissance, dignité et autorité, hommage à l'importance politique et spirituelle d'Avignon alors capitale de la chrétienté.
La clef supérieure représente la souveraineté communale, car Avignon fut une cité autonome avant d’appartenir aux papes

Les deux autres clefs évoquent les pouvoirs pontificaux, le temporel et le sacerdotal. Elles rappellent les représentations en sautoir des clefs de saint Pierre ; en effet, elles furent croisées avant d’être superposées.
En outre, elles correspondent au nombre des consuls de la ville.
Au XVème siècle, les deux gerfauts sont introduits comme supports à l'écu car les Avignonnais tiennent à conserver la mémoire de la République impériale qu'Avignon forma brièvement au XIIème siècle, quand elle relevait du Saint Empire romain germanique.
Le blason actuel est donc le fruit d'un compromis exceptionnel entre la volonté pontificale et la fierté locale.
Les grelots attachés aux pattes des gerfauts sont un détail rare en héraldique française. Le son du grelot servait, dans la tradition médiévale, à signaler la présence des oiseaux de fauconnerie. Ici, ils rappellent la nécessité de l'écoute et la responsabilité des consuls envers leurs administrés.

La devise « Unguibus et rostro » (A bec et à griffes) évoque la ténacité et la défense acharnée des libertés municipales par les Avignonnais.
La couronne murale composée de cinq tours représente la ville fortifiée et souveraine, digne de figurer parmi les grandes cités du royaume

Place de l'Horloge

Représentation en mosaïque sur l'immeuble de la Société marseillaise de crédit rue de la République


Dessin à l'occasion de l'entrée
dans la ville en mars 1701 du duc
de Bourgogne et du duc de Berry.
Tour saint Jean Place Pie

Motif sur bois

Portail du Musée Calvet par Noël Antoine Biret

Rue Dorée - Hôtel de Sade
De nos jours on retrouve les trois clefs sur des tee-shirts, des écussons brodés, des autocollants, la « pucelle » des pompiers… et sur de nombreuses affiches du festival In depuis 1954, tout d’abord signées par Marcel Jacno.
Quelques exemples ci-dessous.
Pucelle (insigne) des pompiers d'Avignon

1954

2019
2003




1983
2026
Bibliographie
http://jean.gallian.free.fr/comm2/villes/avignon.html
Armorial des communes du Vaucluse édité par le Conseil Général de Vaucluse
Architecture >
Bibliographie
Benoît Delcourte – Article extrait des Carnets de Versailles n°27
Frédéric de Natal - Le mouvement légitimiste dans le Midi
Marius Lechalier - Les annales municipales de la ville d'Avignon de 1790 à nos jours.1er vol.
V. Imbert – Relation de la réception du Comte d’Artois