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Par Philippe, Mars 2026
C'est sale!!
Petite histoire du concept de propreté urbaine et de son approche dans notre cité
Comme nous le constatons régulièrement à l'approche d'élections locales, la propreté de la ville est aujourd'hui un sujet important et sa prise en charge par la collectivité fait débat. Depuis la colonie romaine d'Avenio, en passant par la cité papale et jusqu'à la ville moderne, cette notion été perçue et traitée par la collectivité de manière différente, et bien sûr a changé radicalement au gré des évolutions sanitaires et politiques, et, plus récemment, devant l'explosion de la production de déchets non organiques!
Avant le Moyen Âge : l’héritage romain et sa rupture

Plan de la ville gallo romaine et emplacement supposé des berges (CAR)
Rue Saint Agricol (3) et place de la Principale (6) des fouilles ont révélées des collecteurs d'égouts conduisant les eaux usées jusqu'au fleuve beaucoup plus proche qu'aujourd'hui.
La ville romaine : une gestion collective de l’eau et des rejets.
Il est essentiel de rappeler qu’Avignon, alors Avenio, a connu à l’époque romaine (Iᵉʳ siècle av. J.-C. – Iᵉʳ siècle ap. J.-C.) un modèle urbain très différent du modèle médiéval en matière de gestion de l’eau et des déchets. Comme dans de nombreuses cités gallo-romaines, l’organisation repose sur une infrastructure collective : adduction d’eau, caniveaux et égouts maçonnés, latrines publiques raccordées aux réseaux, entretien assuré par l’autorité municipale (aediles, curatores).Les déchets liquides sont canalisés, entraînés par l’eau ; la rue n’est pas pensée comme un réceptacle durable, mais comme un espace à maintenir praticable. Ce système suppose une forte capacité administrative et fiscale et une culture urbaine du bien commun.
A Avignon les fouilles, bien sûr partielles, ont permis de repérer une vingtaine de canalisations ou égouts, orientés vers le fleuve (CAR)

Egout romain Place de la Principale
(cliché du S.A.C.G.V. lors des fouilles de 1987)
Le Moyen Âge : hygiène privée, abandon collectif
La période médiévale marque une rupture nette avec cet héritage romain : réseaux antiques dégradés ou abandonnés, effacement des cadres administratifs capables d’entretenir des infrastructures lourdes. La "saleté" médiévale n’est donc pas un « retard », mais le résultat d’un changement de système urbain.
Contrairement à une représentation tenace, les habitants d’Avignon au Moyen Âge ne vivent pas dans l’indifférence à l’hygiène. Les intérieurs domestiques sont relativement soignés : on balaie, on renouvelle la paille ou les joncs, on entretient les vêtements, on se lave selon les usages de l’époque.
👉 Le problème n’est pas l’absence d’hygiène individuelle, mais l’absence de prise en charge collective des déchets.

Bains publics au XIVème siècle (BNF)
La rue médiévale est une extension fonctionnelle de la maison et de l’atelier. On y rejette :
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déchets domestiques,
-
eaux sales,
-
résidus artisanaux,
-
déjections animales.
Faute de service, la rue devient le réceptacle collectif de déchets privés.

D'où l'expression "tenir le haut du pavé" dont on comprend bien le sens ! (LEG)
Les citadins doivent donc supporter la pollution urbaine et la promiscuité, à l'origine des grandes infections. Une puanteur, souvent insupportable, s'en dégage, provoquée par une mauvaise évacuation des eaux usées, l'abandon d'immondices ou le jet du contenu des vases de nuit expédié des étages, malgré les interdits municipaux. Le manque de latrines publiques n'arrange rien...
De plus, beaucoup d'activités urbaines sont polluantes, menaçant même de contaminer les puits : les bouchers qui tuent en pleine rue, les "ciergiers" qui fondent le suif, les tanneurs, parcheminiers, teinturiers et foulons qui manient l'alun et les colorants, les maréchaux-ferrants, les barbiers-chirurgiens...
Par ailleurs, les animaux côtoient les hommes qui les élèvent pour les consommer, comme les porcs, chèvres, poules...
![]() Le marchand de cervelles (BNF) | ![]() Le marchand de viande salée (BNF) |
|---|---|
![]() Lépreux assis dans la rue (BNF) | ![]() La boucherie XVè s. (BNF) |
![]() Place du Marché (BNF) | ![]() Rue au moyen age |
On doit de plus considérer le fait que la population d'Avignon est estimée à 45000 habitants après l'arrivée des Papes, concentrée dans le périmètre des remparts. Et si elle a fortement décru après les grandes épidémies, elle a toujours été au moins de 15000 habitants, jusqu'à la période récente - environ 13000 habitants aujourd'hui. Avant la mise en place, progressivement au XXème siècle, d'un tout-à-l'égout systématique, c'est donc entre 1500 et 3000 tonnes d'excréments humains qui sont à gérer chaque année. Sans compter les nombreux animaux. On est loin des quelques crottes de chien rencontrées aujourd'hui dans la ville !
Mais, même si on reste démuni face aux grandes épidémies infectieuses - la peste a tué jusqu'à 11000 personnes à Avignon lors de la "Peste Noire" de 1348 - on commence à faire le lien avec l'état sanitaire déplorable des espaces publics. La lutte contre les miasmes - on pense que les maladies se transmettent par les airs - mettra des siècles à se traduire par une organisation efficace de nettoyage des espaces publics.
Le seuil de crise : quand la rue ne fonctionne plus
La rue Palafarnerie encombrée d’immondices (1390)
Selon Jean-Pierre Leguay, lorsqu'il fallut nettoyer la rue Palapharnerie, où se trouvaient les écuries du Pape, il fallut 70 journées de manœuvre "si grande était la masse des immondices accumulés !" (LEG)
La présence de ces écuries du Pape a d'ailleurs justifié que cette rue s'appelle Crotada ou de la Fanga, du fait du crottin de tous ces chevaux.
On note cependant, au long du moyen âge, à Avignon, un début de prise en charge et contrôle par la collectivité des problématiques d'urbanisme et propreté. Les archives départementales conservent une série de documents - de 1395 à 1407, retraçant les demandes du couvent des Augustins aux "Maîtres des Rues" - des édiles chargés d’étudier et de résoudre les questions de voirie : les "terminatores carreriarum". Les statuts de la République avignonnaise réglèrent leurs attributions, en 1134 ; élus annuellement, ils ne furent rémunérés qu’au XVIe siècle et existèrent jusqu’en 1790. Dans les faits leurs pouvoirs d'action étaient limités.

Arrêté de 1395 (ADV)
Pour résoudre les problèmes posés par le bourbier permanent devant leur couvent, rue de la Carreterie, les Augustins demandent, entre autres l'installation d'une calade, facilitant les écoulements dans cette zone basse de la ville.
Il faut noter que la rencontre avec les Maîtres des Rues a lieu dans le cimetière Saint Pierre - actuelle place Saint Pierre - haut lieu de la sociabilité à cette époque, puisqu'un marché aux bestiaux s'y est tenu jusqu'en 1306.

Seing manuel de Pierre Jacobi
maître des rues (ADV)
Selon ce qu’en dit l'acte de 1395, "le rejet de fumiers, de boues, d’ordures et d’autres immondices («projectionem stercorum, lutorum, sterquiliniorum et aliarum immundiciarum ») provenant des tavernes, étuves et autres hospices alentours et l’impossibilité de leur écoulement avait produit un immense bourbier (« lutum magnum ») infecte et polluant de manière inconvenante la rue, les voisins et empêchant charretiers et cavaliers de la traverser. La puanteur (« fetor ») qui se dégage de cette fange est d’ailleurs telle que personne ne peut demeurer sans difficulté dans la rue ou dans l’église du couvent, cela même lorsque les frères célèbrent le divin office". (SEG)

Plan de 1618 - détail - rue Carreterie - couvent des Augustins - Couvent des Carmes (BMA)

Ordonnance du vice-légat - 16 Janvier 1765 (AMA)
Grand nettoyage après les inondations
Obliger les habitants : hygiène sans service
Vidanges de fosses, arrosage imposé : la saleté est perçue comme potentiellement dangereuse, mais la réponse reste archaïque (obligation individuelle, police), sans infrastructure. La propreté est avant tout de la responsabilité des habitants.
Et la contrainte est forte essentiellement autour des lieux de pouvoir, en l'occurrence le Palais des Papes!

Ordonnance du vice-légat (AMA)
A l'occasion des nombreuses fêtes et lors des fréquentes visites de personnalités, cardinaux, princes, des processions parcourent la ville. Les habitants sur le parcours doivent nettoyer leurs rues!

Ordonnance du vice-légat de 1747 (BMA)
Préparatifs pour la venue de l'infant d'Espagne

Ordonnance du vice-légat du 2 Juillet 1777 - Suite à la venue d'un prince, interdiction d'arroser pour éviter d'inonder le chemin venant du bac de Noves, pont de Bonpas aujourd'ui. (BMA)

Avis municipal du 21 Novembre 1829 (BNF)

Vue de la place du Palais avec le cortège d'un vice légat Gordot Entre 1765 et 1767 - Fondation Calvet
On assiste progressivement à partir de la fin du XVIIIième à la mise en œuvre d'un encadrement du nettoyage des rues, celui-ci étant réalisé par les habitants eux-mêmes.

Ordonnance du vice-légat du 30 Avril 1740 (BMA)
Obligation faire aux habitants de nettoyer devant chez eux, de ne pas jeter d'immondices et même de paver leur portion de rues. Sous le contrôle des maîtres des rues.

Ordonnance du vice-légat du 16 Janvier 1748 (BMA)
Obligation faite aux habitants de retirer la neige et la glace devant leurs maisons
Le XIXᵉ siècle : hygiène publique rationnelle
Les crises (choléra, typhus) transforment le regard : la saleté devient un risque collectif. On raisonne en milieux, densité, circulation de l’eau. Les canaux à ciel ouvert, qui jouent à Avignon le rôle de collecteurs d'eaux usées et de différents déchets, apparaissent comme vecteurs de pollution.

Plan de 1926 montrant les canaux d'Avignon - véritables égouts à ciel ouvert jusqu'à la fin du XIXième (AMA)

Règlement municipal du Juin 1843 (AMA)
Interdiction de jeter ordures et immondices dans les cours d'eau de la ville
Dès 1812 le maire Guillaume Puy demande aux habitants de faire appel à des entrepreneurs pour transporter les vidanges de leurs fosses d'aisance.

Arrêté municipal du 27 Janvier 1812 (AMA)
La ville met en place un "service" de balayeurs. Il s'agit en fait d'habitants pauvres et volontaires qui sont, modestement, rémunérés pour réaliser le balayage d'un secteur. Ils sont les ancêtres du service municipal de la propreté d'aujourd'hui !

Arrêté municipal du 29 Avril 1811 (AMA)
Les débuts de l'organisation du balayage
et du ramassage des déchets

Arrêté municipal du 31 Décembre 1822 (AMA)
Le ramassage de la neige est ajouté aux missions des balayeurs

Arrêté municipal du 25 Septembre 1865 relatif à la salubrité publique (BMA)
Obligation pour les habitants de nettoyer les rues devant leurs maisons

Arrêté municipal du 4 Juin 1868 (AMA)
La révolution bactériologique : le basculement décisif
À la fin du XIXème siècle, l’identification des micro-organismes pathogènes change tout. La saleté est dangereuse parce qu’elle abrite des agents invisibles.
Sont légitimés : égouts, collecte régulière, professionnalisation. La propreté devient préventive et continue.
En 1897, l'étude d'hygiène urbaine d'assainissement d'Avignon fait le constat de la nécessité et jette les bases d'une politique d'assainissement de la ville d'Avignon.
On peut y lire "Le programme de l'assainissement d'une ville comporte l'évacuation et l'éloignement immédiats de toutes les matières usées, qu'elles proviennent de la maison ou de la voie publique, et comprend par conséquent : 1° L'assainissement de la maison. 2° L'assainissement de la voie publique. 3º L'épuration des eaux polluées par cet assainissement."
De plus, la mise en place progressive d'une politique de préservation et mise en valeur du patrimoine historique de la ville - la première grande loi de protection date du 30 mars 1887 -, couplée au développement du tourisme avec le fort impact du chemin de fer, a pour effet une pression supplémentaire sur la nécessité d'une ville "propre".


Cet article paru dans le Mistral le 24 Janvier 1912 illustre ce dernier point! (BNF)
Du service d’hygiène à l’ingénierie urbaine
Au début du XXème siècle on trouve dans les délibérations du conseil municipal les traces de la mise en oeuvre systèmatique, organisée et sous le contrôle de la ville des différents aspects de l'assainissement : collecte des ordures, nettoyage et balayage et réseau d'assainissement incluant le "tout à l'égout.
Le 28 mai 1906 la prestation - sous-traitée - de "balayage et enlèvement des boues et immondices" de la ville est relancée pour 5 ans sur la base d'un cahier des charges très détaillé.

Délibération du 28 mai 1906 (AMA)
Avec un certain résultat, en tout cas par rapport à Paris si on en croit ce comparatif probablement pas totalement objectif, paru dans l'Excelsior en décembre 1912 (BNF).

Le 28 Octobre 1912 est présenté le premier projet complet de réseau d'assainissement de la ville avec raccordement des habitations au tout à l'égout.
Le déploiement du réseau avec création des collecteurs et raccordement s'est étalé sur tout le XXème siècle avec une période intense entre 1950 et 1970.
Mais en 2019, il reste encore des centaines de riverains qui déversent dans le canal de Vaucluse !

Délibération du 28 Octobre 1912 (AMA)


Le radical de Vaucluse 1928 -1929
La propreté des rues est un long combat !!
Il y a bien sûr toujours des mécontents.

Très vite, bien sûr s'est posée la question du devenir de ces ordures ménagères collectées. Il s'agit, jusqu'au milieu du XXème siècle, de déchets qu'on qualifierait aujourd'hui de "recyclables" - déchets organiques, cendres, papiers, verre, métal, céramiques...
Après le simple entreposage à proximité de la ville - île de la Barthelasse pour Avignon - et l'utilisation partielle par les agriculteurs, deux méthodes se sont développées : enfouissement et incinération, avant les premières méthodes de transformation par fermentation. Et donc les prémisses du recyclage!

Plus loin dans cet article paru dans le Radical de Vaucluse en juin 1930 (BNF) il est proposé de transformer industriellement les "boues" en engrais.

La Journée Industrielle du 24 janvier 1934 (BNF) fait état de la réception de la nouvelle usine

Dans les années 30 la presse diffuse de nombreuses annonces de ce type (BNF)
Milieu du XXᵉ siècle : l’explosion des volumes, une rupture majeure
La deuxième moitié du XXième siècle a vu le développement exponentiel des déchets produits, essentiellement dû aux nouveaux modes de distribution alimentaire - produits suremballés - couplé à la frénésie de consommation et de remplacement de vêtements et de tous objets du quotidien.
Tout ceci étant facilité par les matières plastiques omniprésentes, intégrée dans les articles fabriqués et transportés à bas coût.
Dans une ville comme Avignon, parcourue au quotidien par de nombreux visiteurs, et hébergeant une importante population étudiante, l'utilisation de la restauration rapide et sa vente à emporter génèrent un volume de déchets inconnus jusque là.
Le festival d'Avignon, quant à lui, génère en juillet un volume doublé de déchets par rapport au reste de l'année (1 500 tonnes sur la durée du festival).
On peut distinguer 3 phases dans l'évolution de la prise en charge des déchets des particuliers (ROC) :
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De 1970 à 1990 : La mise en politique des déchets
Depuis la loi fondatrice du15 juillet 1975, la gestion des déchets est un service public obligatoire qui incombe aux communes. Le principe du « pollueur payeur » et la création de l’ANRED (Agence Nationale pour la Récupération et l’Elimination des Déchets) qui deviendra plus tard l’ADEME, l’Agence De l’Environnement et de la Maîtrise de l’Energie en 1991, sont issus de cette loi
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De 1990 à 2010 : La mise en public du problème des déchets
La loi du 13 juillet 1992 fait apparaitre le terme de valorisation des déchets pour la première fois. Les déchets ne peuvent plus être stockés ou enterrés de manière systématique sans tri sélectif : seuls les déchets ultimes et non dangereux pourront être mis en décharge à l’échéance du 1er janvier 2002.
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Depuis 2010 : De la gestion d’un problème de déchets à la ré-invention d’une ressource de développement durable.
Les lois « Grenelle » de 2009 et 2010 intègrent dans le droit français une partie de la directive européenne de 2008 : la prévention et la gestion remplacent l’élimination des déchets. A travers une réorganisation des acteurs (A Avignon la collecte et le traitement des déchets sont de la responsabilité du Grand Avignon, la propreté de celle de la ville), les objectifs sont clairement de réduire les volumes de déchets non recyclables.
On assiste, après des années de forte croissance des déchets, à une décroissance des volumes. Le coût, par contre continue de croître, le tri et le recyclage nécessitant des dépenses supplémentaires.
La collecte et la propreté en quelques chiffres (GRA)
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2 400 tonnes de déchets et petits dépôts ramassées par an
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2 000 tonnes d’encombrants traitées en déchèterie pour Avignon
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25 000 tonnes de déchets traitées en déchèterie en 2020
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4 000 tonnes de dépôts sauvages ramassées en 2020
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482 conteneurs enfouis dont 235 dédiés au tri sélectif repartis sur 140 sites 45 080 bacs à roulettes mis à disposition
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55 347 tonnes d’ordures ménagères collectées par an
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4 049 tonnes de verre collectées par le Grand Avignon
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650 corbeilles-éteignoirs (centre-ville et extra-muros)
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250 distributeurs de sacs à déjections canines dans toute la ville
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101 km de voiries nettoyées quotidiennement
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180 € à 1 500 € d’amende en cas de dépôt sauvage
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68 € d’amende en cas de dépôt hors des conteneurs
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7 720 rendez-vous pris pour l’enlèvement des encombrants en 2020 sur Avignon
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427 tonnes de dépôts sauvages collectées au travers d’opérations conjointes Ville et Grand Avignon
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49 932 appels au standard direct Grand Avignon
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2 142 tonnes de cartons et papiers des professionnels ramassées en 2020
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125 000 € par an consacrés à l’enlèvement des graffiti
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65 tonnes de feuilles sont enlevées par les équipes chaque année
Propreté : un coût conséquent (GRA)
Le service Environnement déchets du Grand Avignon est composé de 150 agents, répartis sur 10 sites dédiés (5 déchèteries, 1 quai de transfert, 1 dépôt principal sur Avignon, 2 dépôts annexes sur Entraigues-sur-la-Sorgue et Morières-lès-Avignon) et des locaux administratifs sur Agroparc/Montfavet. Le service dispose de près de 70 véhicules (bennes à ordures, camions encombrants, véhicules légers dont 8 électriques). Le budget de fonctionnement du service est de 21,9 M€.
La Direction de la propreté de l’espace public de la Ville est composée de 154 agents, répartis sur l’intra-muros (et îles) et l’extramuros. Le service dispose de 51 véhicules (balayeuses de voirie, laveuses, mini-bennes, véhicules avec nettoyeur haute pression, décrasseuse, véhicules plateau, aspires-feuilles, véhicules de service). Le budget de fonctionnement est de 6,2 M€.
En un peu plus d'un siècle on est donc passé d'une situation où la rue et les canaux étaient les réceptacles de tous nos déchets, certes beaucoup plus réduits qu'aujourd'hui, à la période actuelle qui voit ceux-ci pris en charge globalement par la collectivité.
Il est difficile de déterminer si l'habitant d'Avignon, au Moyen-âge et jusqu'au XVIIIème siècle, considérait que sa ville était sale, et en souffrait. Elle l'était certainement, objectivement, beaucoup plus qu'aujourd'hui!!
Au cours des siècles, le compromis entre la volonté du pouvoir en place et les actions des habitants, pas toujours disciplinés, entre l'activité économique et les contraintes de la collectivité et entre le besoin d'un environnement agréable à vivre et les coûts pour l'obtenir, est resté difficile à trouver.
Sources
ADV : Archives départementales de Vaucluse
AMA : Archives municipales d'Avignon
BNF : Bibliothèque nationale de France (Gallica et Rétronews)
LEG :La rue au moyen-âge. Jean-Pierre Leguay. Ouest-France 1984
GRA : Site et rapports annuels du Grand Avignon
ROC : Laurence Rocher, citée par Hélène Breichner - La gestion de la collecte des déchets à Avignon. Universite d'Avignon 2020
SEG : Une affaire de pollution à Avignon à la fin du Moyen Âge. Emilien Segantini.
CAR : Le Rhône à Avignon. Données archéologiques. Dominique Carru. Gallia 1999.







