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Agricol Perdiguier & George Sand
Un texte de Monique Jullien, spécialiste de la vie d'Agricol Perdiguier
Hommage à George Sand et Agricol Perdiguier
Avant que l’année 2026 ne s’achève, il nous faut rendre hommage à George Sand et Agricol Perdiguier. Pourquoi ?
En 2025, nous avions commémoré le 150e anniversaire de la mort d’Agricol Perdiguier dit Avignonnais la Vertu, par une conférence donnée à l’Hôtel de Forbin la Barben de l’Institut Calvet d’Avignon. En 2026, nous ne pouvons manquer de rendre hommage à George Sand, la Bonne dame de Nohant, décédée en 1876 car il est bon de rappeler à quel point ces deux personnages sont indissociables.
Tous deux sont nés, à un an d’intervalle, sous le Premier Empire, tous deux ont été marqués à vie par les massacres perpétrés pendant les Trois Glorieuses en 1830. Ils ne se rencontreront qu’en 1840 mais leur lien exceptionnel durera jusqu’à leur mort respective, elle aussi, à un an d’intervalle.


George Sand vers 1845
Agricol Perdiguier en 1840
Dans l’hiver 1839, Pierre Leroux, journaliste, éditeur et philosophe socialiste et ami de l’écrivaine, lui parle d’un petit livre qui fait grand bruit, « Le livre du Compagnonnage »dont l’auteur n’est qu’un simple menuisier, Compagnon du Devoir de Liberté. George Sand invite ce dernier chez elle, en mai 1840. Un véritable coup de foudre jaillit entre eux, non pas passionnel mais amical et fraternel. Pendant plus de trente-deux ans, leur amitié sincère se nourrira d’échanges épistolaires, de rencontres familiales ou politiques, du partage des mêmes idées sociales et humanistes, des mêmes rêves et, pour finir, des mêmes désillusions tout en s’accrochant, contre vents et marées, à un même indéfectible espoir pour les générations futures.
Tous deux furent très actifs lors des élections de 1848 en faveur de la République, aux côtés de Ledru-Rollin, Louis Blanc, Barbès, Raspail, etc.. Ils influencèrent des lois sociales telles les lois Jules Ferry de 1881 pour l’Education, décrétées après leur mort.
Ils s’influencèrent réciproquement. George Sand serait-elle allée aussi loin dans son engagement politique si Agricol Perdiguier ne l’avait pas sensibilisée au monde ouvrier ? Sans la Bonne Dame de Nohant, Avignonnais la Vertu serait-il allé aussi loin dans le développement de sa pensée, de sa culture, de ses objectifs, de ses écrits, de son engagement politique ? Aurait-il eu l’audace de se présenter à deux reprises à des élections ?
Si l’on se penche sur leurs écrits - et nous vous y engageons - ils apparaissent, de façon évidente, comme des exemples pour nous tous, aujourd’hui avec, à la clé, l’espoir exprimé dans la dernière lettre connue qu’Agricol Perdiguier adressa à George Sand, en 1872.
« Nous sommes en bonne voie, la République ne demande qu’à vivre, qu’à marcher, qu’à grandir… »